du désir à la grossesse

L’épigénétique ou l’influence de l’environnement sur nos gènes

Nous sommes tous déterminé par notre héritage biologique mais également par nos expériences en lien avec notre environnement et cela depuis le début de notre développement in utero et tout au long de notre existence. Une science relativement jeune appelée «EPIGENETIQUE » commence à nous éclairer sur l’impact de l’environnement sur la modification de l’expression de notre bagage génétique. 

L’épigénétique tente de comprendre comment nos gènes s’expriment et comment des facteurs extérieurs peuvent agir sur ceux-ci. Autrement dit: « Et si notre vécu comptait tout autant que notre bagage génétique reçu à la naissance? ».

Notre environnement a une influence sur notre génome par des modifications épigénétiques. Différents facteurs comme le stress, l’alimentation, les maladies, le lieu de vie peuvent influencer l’expression ou non de certains gènes contenus dans l’ADN: c’est comme si certains gènes « s’allumaient » et d’autres « s’éteignaient ». Prenons l’exemple de deux jumeaux monozygotes c’est-à-dire qui possèdent le même patrimoine génétique. S’ils vivent et évoluent différemment dans leurs environnements respectifs, l’un peut développer une maladie et l’autre non ou encore l’un peut être mince et l’autre souffrir d’obésité alors que leur bagage génétique est le même à la base.

Epigénétique et grossesse

Evidemment, il a été démontré, à l’aide de plusieurs études, que l’épigénétique joue un rôle important dans le domaine de la grossesse et sur l’enfant à naître. Des scientifiques ont étudié l’histoire de la « famine hollandaise de 1944 ». L’ouest des Pays-Bas a été affamé suite à un blocus décrété par l’Allemagne durant l’hiver 1944-1945. L’apport calorique de la population et notamment des femmes enceintes a pu être facilement mesuré à l’aide des cartes de rationnement de l’époque. Il était alors d’environ 500 calories/ jour, soit environ un quart des besoins normaux journaliers. Cette étude a pu mettre en évidence, entre autres, que:

  • un apport calorique insuffisant chez la mère augmente le risque de développement d’une maladie cardio-vasculaire ou métabolique à l’âge adulte chez l’enfant, et ceci même en présence d’un poids normal à la naissance. La nutrition de la femme enceinte est un des facteurs clé influant sur la santé de l’enfant à l’âge adulte. 
  • les filles, issues de ces grossesses en période de famine, donnaient elles-mêmes naissance à des enfants de plus faible poids. Les patrimoines génétiques de ces femmes enceintes ont gardé la trace de cet événement et l’ont transmis aux générations suivantes.

Cela montre donc que, quand l’environnement intra-utérin est pauvre en nutriments, le foetus adapte son métabolisme pour augmenter ses chances de survie après la naissance dans un milieu extra-utérin supposé pauvre. En d’autres termes, si le milieu dans lequel le foetus vit est pauvre en nutriments, son corps va augmenter sa capacité à stocker comme pour « stocker mieux parce qu’il y a moins ». Cependant, si cet environnement devient par la suite plus riche en nourriture, les adaptations programmées (la surcapacité à stocker) pendant la grossesse peuvent être sources de maladies. 

D’autres études ont également démontré que, par exemple, l’exposition à des pesticides peuvent entraîner des modifications épigénétiques en amont avec de gros problèmes de fertilité ou augmenter le risque de développement des certaines affections comme les malformations du système uro-génital. Par ailleurs, des recherches sur le tabagisme pendant la grossesse mettent en avant des modifications épigénétiques même si on ne connaît pas encore les effets concrets.

Ces quelques exemples vous permettent de comprendre, que l’environnement dans lequel nous vivons, a une incidence sur le développement de votre foetus et sur sa santé à venir. Il s’agit d’une véritable « programmation foetale ».

 

Programmation foetale

De plus en plus d’études mettent en évidence une relation entre des événements pathologiques survenants pendant la grossesse et le développement, plus tard, de maladies cardiovasculaires et métaboliques. Voici quelques exemples:

Facteurs environnementaux responsables de la programmation foetale Pathologies liées à la programmation foetale
Restrictions alimentaires maternelles:

  • Restriction calorique
  • Restriction protéique
  • Restrictions en micro nutriments 

Substances exogènes:

  • glucocorticoïdes (cortisone, cortisol)
  • nicotine 

Perturbation de la circulation utero-placentaire

Mortalité par accidents cardio-vasculaires

Maladie coronarienne

Diabète (type 1 & 2)

Hypertension artérielle

Dyslipidémie (choléstérol, triglycérides)

Obésité

Ostéoporose

Schizophrénie

Cancers (sein, leucémie, testicules…)

Hypoxie périnatale 

Prééclampsie 

Hypertension artérielle pulmonaire 
Comportement maternel protecteur Résistance au stress 

Les facteurs environnementaux, notamment nutritionnels, peuvent donc agir durant les phases précoces de la vie, tout au long de la vie et ce sur plusieurs générations. Le manque ou l’ajout de nutriments va avoir un véritable impact sur l’expression d’un gène ou non. La vitamine B9, au combien précieuse en préconceptionnel et en début de grossesse, joue un rôle très important dans la méthylation des gènes c’est-à-dire l’activation ou l’inhibition de son expression. N’hésitez donc pas à manger varié et vitaminé, vous assurerez une santé de fer à vous et votre bébé!

Je vous conseille ce reportage très bien expliqué et documenté:

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